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Flux de trésorerie : comprendre, prévoir et optimiser la trésorerie de votre entreprise

13 min de lecture

En 2024, selon une étude de la Banque de France, près de 25 % des défaillances d’entreprises françaises sont directement liées à des problèmes de trésorerie. Et pourtant, beaucoup de dirigeants confondent encore bénéfice comptable et argent réellement disponible sur leur compte en banque.

Vous pouvez afficher un résultat net positif tout en vous retrouvant à découvert le 15 du mois. C’est le paradoxe que vivent des milliers de PME chaque année.

Dans ce guide complet, nous allons décortiquer la notion de flux de trésorerie, vous montrer comment lire et interpréter vos états financiers, et surtout vous donner des méthodes concrètes pour anticiper et optimiser votre trésorerie au quotidien.

Points clés à retenir

  • Un flux de trésorerie positif et régulier est plus déterminant pour la survie d’une PME qu’un simple bénéfice comptable affiché dans le compte de résultat.
  • Les trois grands types de flux (exploitation, investissement, financement) doivent être suivis séparément chaque mois pour comprendre l’origine précise de vos excédents ou déficits de liquidités.
  • La mise en place d’un plan de trésorerie glissant sur 12 mois permet d’anticiper les découverts et les besoins de financement avant qu’ils ne deviennent critiques.
  • Des outils numériques modernes (tableaux de bord, logiciels de gestion ou ERP cloud) offrent désormais une visibilité quasi temps réel sur la situation de trésorerie d’une entreprise.
  • La réduction du besoin en fonds de roulement (BFR) constitue le levier le plus rapide pour libérer des liquidités sans recourir à un financement externe.
Une équipe de direction analyse des graphiques financiers sur un écran dans une salle de réunion moderne, discutant de la santé financière de l'entreprise et des flux de trésorerie. L'ambiance est concentrée, avec des membres prenant des notes pour une meilleure prise de décision concernant les investissements et la gestion des liquidités.

Qu’est-ce qu’un flux de trésorerie ?

Le flux de trésorerie désigne l’ensemble des mouvements d’argent qui entrent et sortent des comptes d’une entreprise sur une période donnée. Par exemple, du 1er janvier au 31 décembre 2025.

Concrètement, les entrées de trésorerie comprennent :

  • Le règlement des factures clients
  • Les remboursements de TVA
  • Les subventions perçues
  • Les produits de cession d’actifs
  • Les apports en capital

Les sorties d’argent regroupent quant à elles :

  • Les salaires et charges sociales
  • Les loyers et charges locatives
  • Les achats fournisseurs
  • Les échéances d’emprunts
  • Les impôts et taxes

La différence entre ces encaissements et ces dépenses détermine votre flux de trésorerie net. Lorsque ce solde est positif, vous disposez d’un excédent de liquidités. Lorsqu’il est négatif, vous êtes en situation de besoin de trésorerie, avec un risque de découvert bancaire.

Un point essentiel à retenir : le flux de trésorerie se concentre exclusivement sur les mouvements d’argent réels. À la différence du résultat net comptable qui intègre des écritures non monétaires comme les amortissements, les provisions ou les produits constatés d’avance.

Flux de trésorerie vs résultat net et autres indicateurs

Voici le piège classique dans lequel tombent de nombreux dirigeants :

Exemple concret : Une société de services affiche un résultat net de 80 000 € sur l’année 2024. Excellente nouvelle sur le papier. Mais sa trésorerie a diminué de 50 000 € sur la même période. Comment est-ce possible ?

La réponse tient en quelques mots : décalages de paiement et investissements. Les clients ont payé leurs factures en retard (créances en augmentation de 90 000 €), tandis que l’entreprise a investi dans du nouveau matériel (60 000 €).

Indicateur

Ce qu’il mesure

Limite principale

Résultat net

Performance comptable

Inclut des éléments non monétaires

Capacité d’autofinancement (CAF)

Potentiel de génération de cash

Ne tient pas compte du BFR

Free cash flow

Cash réellement disponible

Variable selon les investissements

La capacité d’autofinancement (CAF) constitue une passerelle entre le résultat net et la capacité réelle à générer du cash. Elle ajoute au résultat les charges calculées (amortissements, provisions) qui n’ont pas donné lieu à décaissement.

Le free cash flow (ou flux de trésorerie disponible) va encore plus loin. Il mesure la trésorerie réellement libre après avoir financé les investissements nécessaires au maintien de l’activité. C’est cet indicateur que scrutent les investisseurs et les actionnaires pour évaluer la capacité d’une société à rémunérer ses apporteurs de capitaux ou à réduire sa dette.

Les grands types de flux de trésorerie à suivre

L’analyse financière distingue trois catégories normalisées de flux, que vous retrouverez dans tout tableau des flux de trésorerie :

  1. Flux de trésorerie d’exploitation : liés à l’activité courante
  2. Flux de trésorerie d’investissement : liés aux achats et cessions d’actifs
  3. Flux de trésorerie de financement : liés aux emprunts, remboursements et mouvements de capital

La somme de ces trois blocs explique la variation de trésorerie entre deux dates de bilan. Par exemple, entre le 31/12/2024 et le 31/12/2025.

Notre recommandation : séparez clairement ces flux dans votre reporting interne. C’est la seule façon de comprendre précisément pourquoi votre compte en banque affiche tel ou tel solde en fin de mois.

Flux de trésorerie d’exploitation

Le flux de trésorerie d’exploitation regroupe tous les encaissements et décaissements liés à votre activité courante. Ventes, achats, charges de personnel, charges d’exploitation, impôts courants.

Exemple simplifié sur un trimestre :

Élément

Montant

Encaissements clients

+ 300 000 €

Paiements fournisseurs

– 120 000 €

Salaires et charges

– 70 000 €

Impôts et taxes

– 20 000 €

Flux d’exploitation

+ 90 000 €

Ce flux est directement impacté par la variation de votre besoin en fonds de roulement (BFR). Si vos clients paient plus tard, votre BFR augmente et votre flux d’exploitation diminue. À l’inverse, si vous négociez des délais plus longs avec vos fournisseurs, vous libérez de la trésorerie.

Pour un investisseur ou une banque, un flux de trésorerie d’exploitation durablement positif constitue le signal le plus fiable de la solidité de votre modèle économique. Il prouve que votre activité génère du cash par elle-même, sans dépendre de financements externes.

Flux de trésorerie d’investissement

Le flux de trésorerie d’investissement retrace les mouvements liés à vos immobilisations. Typiquement :

  • Achat d’un nouvel entrepôt prévu en 2026
  • Acquisition d’un logiciel ERP
  • Achat de machines de production
  • Cession d’équipements obsolètes

Ce flux est souvent négatif lors des phases de croissance ou de modernisation. Et c’est normal : vous investissez aujourd’hui pour générer des revenus demain.

Mini-exemple :

  • Achat d’une machine : – 120 000 €
  • Revente d’un ancien équipement : + 20 000 €
  • Flux d’investissement net : – 100 000 €

Un flux d’investissement fortement négatif n’est pas inquiétant en soi, à condition qu’il soit compensé par un flux d’exploitation solide ou un financement adapté. Ces investissements conditionnent votre capacité future de production et de croissance.

Flux de trésorerie de financement

Le flux de trésorerie de financement englobe tous les mouvements liés aux banques et aux actionnaires :

  • Nouveaux emprunts obtenus
  • Remboursements de capital sur prêts existants
  • Apports en capital des associés
  • Dividendes versés aux actionnaires

Exemple sur l’année 2025 :

  • Obtention d’un prêt en mars : + 300 000 €
  • Remboursements annuels : – 60 000 €
  • Dividendes versés : – 40 000 €
  • Flux de financement net : + 200 000 €

Ce flux positif peut compenser un manque de cash lié à de forts investissements ou à une phase de croissance rapide. Mais attention : un flux de financement systématiquement positif peut aussi traduire une dépendance excessive aux fonds externes.

L’analyse de ce bloc permet de mesurer précisément votre exposition au risque de financement. Plus vous dépendez des emprunts pour équilibrer votre trésorerie, plus vous êtes vulnérable à une hausse des taux ou à un refus de crédit.

Flux de trésorerie net et flux de trésorerie disponible

Le flux de trésorerie net correspond simplement à la somme des trois flux sur une période donnée.

Prenons un exemple concret :

  • Flux d’exploitation : + 150 000 €
  • Flux d’investissement : – 200 000 €
  • Flux de financement : + 100 000 €
  • Flux net : + 50 000 €

Votre trésorerie a donc augmenté de 50 000 € sur la période, malgré des investissements importants, grâce à un recours au financement externe.

Le flux de trésorerie disponible (free cash flow) se calcule différemment. Il représente le cash restant après avoir financé les investissements nécessaires au maintien de l’activité :

Free cash flow = Flux d’exploitation – Investissements de maintien

Cet indicateur est crucial pour juger de la bonne santé financière d’une organisation. Il montre si l’entreprise peut se développer, rembourser ses dettes ou rémunérer ses actionnaires sans recourir à de nouveaux emprunts.

L'image montre des billets et des pièces de monnaie disposés autour d'une flèche ascendante, symbolisant la croissance financière et un flux de trésorerie positif. Cette représentation évoque la santé financière d'une entreprise et son potentiel d'investissement.

Comment lire un état des flux de trésorerie ?

L’état des flux de trésorerie constitue le troisième grand document financier, aux côtés du bilan comptable et du compte de résultat. Pourtant, il reste souvent le moins consulté par les dirigeants de PME.

Son intérêt pratique est pourtant considérable : il vous permet de voir d’un coup d’œil pourquoi votre trésorerie a augmenté ou diminué entre deux dates précises.

Prenons l’exemple d’une société de services numériques en 2024. Son compte de résultat affiche un bénéfice de 120 000 €. Mais son état des flux révèle :

  • Flux d’exploitation : + 80 000 € (inférieur au bénéfice à cause de l’augmentation des créances)
  • Flux d’investissement : – 150 000 € (achat de matériel informatique)
  • Flux de financement : + 50 000 € (nouvel emprunt)
  • Variation de trésorerie : – 20 000 €

Sans cet état, le dirigeant ne comprendrait pas pourquoi, malgré un bénéfice confortable, sa trésorerie s’est dégradée.

Relier bilan, compte de résultat et flux de trésorerie

Ces trois documents racontent chacun une histoire différente :

  • Le compte de résultat raconte la performance de l’année (revenus moins charges)
  • Le bilan comptable photographie le patrimoine à un instant T (ce que l’entreprise possède et doit)
  • L’état des flux raconte l’histoire de la trésorerie sur la période (d’où vient le cash, où il est allé)

Exemple pratique : Une vente importante réalisée en décembre apparaît :

  • Dans le compte de résultat : comme chiffre d’affaires
  • Dans le bilan : comme créance client (si non encore encaissée)
  • Dans l’état des flux : elle n’apparaît pas encore (aucun mouvement de trésorerie)

C’est précisément cette différence de traitement qui explique les décalages entre résultat et trésorerie. Une hausse du chiffre d’affaires de 20 % entre 2023 et 2024 peut s’accompagner d’une baisse de trésorerie si les créances clients explosent et que les stocks augmentent.

Les banques analysent systématiquement ces trois états avant d’accorder un crédit. Elles cherchent à comprendre non seulement si vous êtes rentable, mais surtout si vous générez suffisamment de cash pour rembourser.

Méthodes de calcul : direct et indirect

Il existe deux méthodes pour construire un état des flux de trésorerie.

La méthode directe consiste à lister les principaux encaissements et décaissements :

  • Encaissements clients
  • Autres produits encaissés
  • Paiements fournisseurs
  • Salaires versés
  • Impôts payés

Cette méthode est intuitive et parlante. Elle convient particulièrement aux dirigeants de TPE/PME qui veulent comprendre concrètement d’où vient et où part leur argent.

La méthode indirecte part du résultat net et procède par ajustements :

  • Résultat net
  • Amortissements et provisions (charges non décaissées)
  • +/- Variation des stocks
  • +/- Variation des créances clients
  • +/- Variation des dettes fournisseurs

Les rapports financiers des sociétés cotées françaises utilisent en pratique la méthode indirecte, car elle permet de faire le lien avec le compte de résultat. Mais pour un suivi opérationnel, la méthode directe reste souvent plus utile.

Prévoir ses flux de trésorerie : mettre en place un plan de trésorerie

Un plan de trésorerie est un outil de prévision qui projette mois par mois (voire semaine par semaine) vos encaissements et décaissements futurs. L’idéal est de maintenir une vision glissante sur 12 mois minimum, par exemple de février 2025 à janvier 2026.

L’objectif est simple : anticiper les pics de décaissements (échéances de TVA, impôts, primes annuelles, achats saisonniers) et les périodes creuses en encaissements. Pour éviter la mauvaise surprise du découvert imprévu.

Plusieurs outils peuvent vous aider :

  • Logiciels de trésorerie spécialisés
  • Modules financiers intégrés aux ERP
  • Fichiers Excel structurés (pour commencer)
Une personne est assise devant un ordinateur portable, concentrée sur des graphiques financiers affichés à l'écran, illustrant les flux de trésorerie d'une entreprise. L'image met en avant l'importance de l'analyse financière pour la prise de décision et la gestion de la santé financière.

Étapes pour construire un plan de trésorerie mensuel

Voici une méthode en quatre étapes pour bâtir votre premier plan :

Étape 1 : Déterminer le solde initial Relevez le solde exact de votre trésorerie au point de départ. Par exemple, 25 000 € au 1er mars 2025, tel qu’il apparaît sur vos relevés bancaires.

Étape 2 : Estimer les encaissements mois par mois

  • Factures clients prévues (selon votre carnet de commandes)
  • Échéancier des contrats récurrents
  • Subventions attendues
  • Remboursements de TVA

Étape 3 : Recenser les décaissements

Charges fixes :

  • Salaires (généralement le 30 de chaque mois)
  • Loyer (souvent le 5)
  • Abonnements et assurances

Charges variables :

  • Achats selon les commandes
  • Investissements planifiés
  • Charges sociales trimestrielles

Étape 4 : Calculer la trésorerie prévisionnelle de fin de mois

Trésorerie fin de mois = Trésorerie début de mois + Encaissements – Décaissements

Identifiez immédiatement les mois où le solde devient proche de zéro ou négatif. Ce sont vos zones de risque.

Prévisions de trésorerie : données à intégrer et pièges à éviter

Pour des prévisions fiables, appuyez-vous sur des données solides :

  • Historique des ventes des 24 derniers mois
  • Saisonnalité observée dans votre secteur
  • Contrats signés avec échéanciers précis
  • Délais de paiement réellement constatés (pas seulement contractuels)

Les pièges classiques à éviter :

Piège

Conséquence

Solution

Surévaluer les ventes

Encaissements surestimés

Prendre une hypothèse basse

Ignorer les délais réels

Décalage entre prévision et réalité

Utiliser la moyenne constatée (ex : 45 jours au lieu de 30)

Oublier les charges exceptionnelles

Mauvaise surprise

Intégrer primes, régularisations, provisions

Ne pas actualiser

Plan obsolète

Mise à jour minimum mensuelle

Pour une entreprise à trésorerie tendue, nous recommandons une mise à jour hebdomadaire du plan. Pour une structure plus stable, une révision mensuelle peut suffire.

Optimiser ses flux de trésorerie au quotidien

L’optimisation de la trésorerie repose sur trois leviers principaux :

  1. Accélérer les encaissements
  2. Maîtriser les décaissements
  3. Réduire le besoin en fonds de roulement

Ces actions peuvent avoir un impact rapide et significatif. Une amélioration du délai moyen de paiement clients de 60 à 45 jours, pour une entreprise réalisant 100 000 € de chiffre d’affaires mensuel, libère immédiatement près de 50 000 € de trésorerie.

Accélérer les encaissements clients

Clarifiez vos conditions de règlement

Inscrivez sur chaque devis et facture des conditions précises : « Paiement à 30 jours fin de mois. Pénalités de retard : 3 fois le taux d’intérêt légal (taux 2025). »

Facturez rapidement

N’attendez pas la fin du mois pour facturer. Émettez vos factures dès la livraison effectuée ou la prestation terminée.

Mettez en place un processus de relance structuré :

  • J+5 après échéance : relance amicale par email
  • J+15 : relance téléphonique
  • J+30 : mise en demeure formelle
  • Au-delà : procédure de recouvrement

Envisagez des solutions de financement du poste clients :

  • Affacturage (cession de créances à un factor)
  • Assurance-crédit (protection contre les impayés)
  • Escompte commercial (remise contre paiement anticipé)

Maîtriser les décaissements et négocier avec les fournisseurs

Négociez des délais de paiement plus longs

Avec vos fournisseurs stratégiques, tentez de passer de 30 à 45 jours de délai. La réglementation française (loi LME) autorise jusqu’à 60 jours date de facture ou 45 jours fin de mois.

Regroupez vos achats intelligemment

Des commandes groupées peuvent vous permettre d’obtenir des remises. Mais comparez toujours le gain obtenu au coût d’un décaissement anticipé.

Étalez vos paiements sur le mois

Évitez que toutes vos échéances tombent la même semaine. Négociez des dates de prélèvement différentes avec vos créanciers pour lisser les sorties.

En cas de tension, priorisez :

  1. Salaires et charges sociales (obligations légales)
  2. Fournisseurs critiques pour la continuité d’activité
  3. Autres créanciers (en dialoguant proactivement)

Réduire le besoin en fonds de roulement (BFR)

Le BFR représente le décalage entre ce que vous devez payer (fournisseurs, stocks) et ce que vous devez recevoir (clients). Plus il est élevé, plus il « consomme » de trésorerie.

Leviers pour le réduire :

  • Optimiser les stocks : une meilleure prévision des ventes permet de diminuer les stocks dormants, particulièrement dans les secteurs saisonniers
  • Identifier les stocks obsolètes : organisez des campagnes de déstockage pour récupérer du cash
  • Suivre les indicateurs clés :
    • Délai moyen de paiement clients (DSO)
    • Délai moyen de paiement fournisseurs (DPO)
    • Rotation des stocks

Objectif type : réduire le DSO de 10 jours sur 12 mois libère généralement l’équivalent d’un mois de chiffre d’affaires en trésorerie.

Outils, indicateurs et bonnes pratiques pour suivre les flux de trésorerie

Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt et de tensions sur les délais de paiement (2024-2026), un reporting régulier de la trésorerie n’est plus optionnel. Il est vital.

La règle d’or : quelques indicateurs bien suivis valent mieux qu’un tableau de bord complexe jamais consulté.

Indicateurs clés de suivi de la trésorerie

Voici les indicateurs essentiels à suivre :

Indicateur

Fréquence de suivi

Seuil d’alerte type

Solde de trésorerie disponible

Quotidien/Hebdomadaire

< 1 mois de charges fixes

Flux d’exploitation mensuel

Mensuel

Négatif 2 mois consécutifs

Free cash flow

Trimestriel

Négatif sur l’exercice

Délai moyen paiement clients

Mensuel

> 60 jours

Délai moyen paiement fournisseurs

Mensuel

< 30 jours (signe de faiblesse)

Pour les start-up ou entreprises en forte croissance, ajoutez le suivi du cash burn mensuel : combien de trésorerie consommez-vous chaque mois ? Combien de mois de « runway » vous reste-t-il ?

Fixez-vous des objectifs internes simples et affichez-les sur votre tableau de bord. Par exemple : « Réduire le délai moyen de paiement clients de 55 à 45 jours d’ici décembre 2025. »

Rôle de l’automatisation et des solutions cloud

Les outils cloud modernes transforment la gestion de trésorerie :

Synchronisation bancaire automatique Les solutions actuelles se connectent directement à vos comptes bancaires. Votre position de trésorerie est actualisée quotidiennement, sans ressaisie manuelle.

Intégration facturation-comptabilité-banque La synchronisation entre votre logiciel de facturation, votre comptabilité et vos relevés bancaires élimine les erreurs et les retards de mise à jour.

Prévisions assistées par IA Certains outils utilisent désormais des algorithmes prédictifs pour projeter vos flux à partir des tendances passées et des commandes en portefeuille.

Quel outil choisir selon votre taille ?

  • TPE (< 10 salariés) : un tableur Excel bien structuré peut suffire pour démarrer
  • PME (10-50 salariés) : un logiciel de gestion de trésorerie dédié ou un module financier d’ERP
  • ETI (> 50 salariés) : un ERP complet avec tableaux de bord automatisés

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FAQ sur les flux de trésorerie

À quelle fréquence faut-il mettre à jour son plan de flux de trésorerie ?

La fréquence optimale dépend de votre situation. Pour une petite entreprise avec une trésorerie tendue ou une forte saisonnalité, nous recommandons une mise à jour hebdomadaire. Cela vous permet de réagir rapidement à tout écart entre prévisions et réalité.

Pour une structure plus stable, avec plusieurs mois de réserve de trésorerie, une mise à jour mensuelle peut suffire. Dans tous les cas, maintenez une vision glissante sur 6 à 12 mois minimum. Même si vous révisez fréquemment les premiers mois, la projection à moyen terme reste indispensable pour anticiper les besoins de financement.

Le retour d’expérience des dirigeants montre qu’une mise à jour régulière évite les échecs liés aux crises de trésorerie non anticipées.

Un flux de trésorerie négatif est-il toujours inquiétant ?

Non, pas nécessairement. Un flux de trésorerie négatif peut être parfaitement normal et même sain dans certaines situations. C’est le cas typiquement lors d’un gros investissement (achat de matériel, ouverture d’un nouveau site, acquisition) financé sur la trésorerie existante.

En revanche, la situation devient problématique dans deux cas précis. Premièrement, lorsque le flux de trésorerie d’exploitation est durablement négatif, ce qui signifie que l’activité courante ne génère pas de cash. Deuxièmement, lorsque les financements externes (emprunts, apports) servent uniquement à combler des pertes d’exploitation plutôt qu’à financer la croissance.

La vision à long terme est essentielle : un flux négatif ponctuel dans une trajectoire de réussite n’a pas la même signification qu’un flux négatif chronique.

Comment savoir si ma trésorerie est suffisante pour faire face aux imprévus ?

La règle empirique la plus répandue consiste à constituer une réserve de sécurité équivalente à 1 à 3 mois de charges fixes (salaires, loyers, charges sociales, échéances d’emprunts). Cette réserve devrait idéalement être placée sur un compte séparé, clairement identifié comme « matelas de sécurité ».

Au-delà de cette réserve, nous recommandons de réaliser des scénarios « pire cas » dans votre plan de trésorerie. Que se passe-t-il si votre chiffre d’affaires baisse de 20 % ? Si vos clients paient 30 jours plus tard que prévu ? Ces stress tests vous permettent de tester la résilience de votre trésorerie et d’identifier à l’avance les décisions à prendre en cas de problème.

À partir de quels montants faut-il envisager un financement bancaire de trésorerie ?

Utilisez votre plan de trésorerie prévisionnel pour identifier le « creux maximum » anticipé sur les 12 prochains mois. Par exemple, si vous prévoyez un solde de -80 000 € en septembre 2025, c’est le montant minimum de financement à négocier.

Le terme clé est « anticiper ». N’attendez pas d’être effectivement à découvert pour contacter votre banque. Présentez-lui vos prévisions argumentées plusieurs mois à l’avance. Une demande de ligne de découvert autorisé ou de crédit de campagne, accompagnée d’un plan de trésorerie crédible, a infiniment plus de chances d’aboutir qu’une demande en urgence.

La prise en compte précoce des besoins de financement témoigne d’une maîtrise de votre gestion financière et rassure votre banquier sur votre capacité à rembourser.

Quels professionnels peuvent m’aider à mieux gérer mes flux de trésorerie ?

Votre expert-comptable est souvent votre premier interlocuteur. Il peut vous aider à construire les tableaux de flux, à interpréter vos états financiers (bilan comptable, compte de résultat, état des flux) et à bâtir un plan de trésorerie réaliste. N’hésitez pas à lui demander des recommandations spécifiques à votre situation.

Les conseillers en gestion ou contrôleurs de gestion indépendants accompagnent également les PME sur la mise en place de tableaux de bord de trésorerie et de processus de suivi. Ils apportent un historique de missions similaires et peuvent accélérer la mise en œuvre d’outils adaptés.

Enfin, certaines associations de gestion agréées (AGA, CGA) proposent des services d’analyse financière et d’accompagnement à la gestion de trésorerie pour leurs adhérents, souvent à des tarifs accessibles.


La maîtrise de vos flux de trésorerie n’est pas un luxe réservé aux grandes entreprises. C’est une compétence essentielle pour tout dirigeant soucieux de pérenniser son organisation.

Commencez dès cette semaine par construire votre premier plan de trésorerie glissant. Identifiez vos zones de risque sur les 12 prochains mois. Et mettez en place les trois indicateurs clés : solde de trésorerie, flux d’exploitation, délai moyen de paiement clients.

Votre trésorerie est le pouls de votre entreprise. Apprenez à le mesurer, et vous saurez toujours où vous allez.

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